« Mör » de Johana Gustawsson

"Mör"de Johana Gustawsson. Chroniques de livres et conseils de lecture par MLBA.

« Mör »de Johana Gustawsson. Chroniques de livres et conseils de lecture par MLBA.

Vous aimez les polars scandinaves?
Vous aimez particulièrement Camilla Lackberg?
Voici ma potion:

A Falkenberg, en Suède, un corps de femme atrocement mutilé est découvert sur les rives d’un lac.

Le lendemain à Londres, une célèbre actrice est enlevée devant chez elle, sa paire de chaussures abandonnée dans un sac congélation. La profileuse Emily Roy est appelée pour démêler tout ça.

Il s’avère que ces deux affaires portent la marque d’un tueur en série, Richard Hemfield, interné en hôpital psychiatrique depuis dix ans. Il enlevait des femmes, qu’il gardait séquestrées quelques jours, puis il les étranglait et les dépeçait. A chaque enlèvement il laissait les chaussures des victimes. S’agit-il d’un copycat? « le tueur de Tower Hamlets » avait-il un complice? Est-il innocent?

Emily Roy, aidée de Alexis Castells, l’écrivain qui avait mené l’enquête à l’époque, ainsi que de la brigade de Falkenberg, va essayer de mener à bien cette histoire qui remue le passé.

Deuxième roman de Johana Gustawsson, après le très remarqué « Block 46 », « Mör » est particulièrement efficace. L’auteur alterne les chapitres « d’aujourd’hui », avec des flashbacks qui racontent l’histoire du tueur. Le lecteur apprend au fur et à mesure ce qui a entrainé cette folie furieuse, l’assassin ne se contentant pas de les tuer et les dépecer, il les mange aussi.

Tous les personnages sont intéressants, approfondis, cela favorise l’intensité de l’histoire. L’auteur crée une véritable atmosphère oppressante, malgré les changements de décor, l’histoire oscillant entre Suède et Angleterre.

Johana Gustawsson sait vraiment y faire pour nous amener à tourner les pages jusqu’au dénouement final, forcément inattendu.

Vivement le troisième!

Édition Bragelonne

« Le cri »de Nicolas Beuglet

"le cri" de Nicolas Beuglet

« le cri » de Nicolas Beuglet. Chroniques de livres et conseils de lecture par MLBA.

Envie d’un thriller efficace?
Vous aimez les histoires de conspiration?
Voici ma potion

A l’hôpital psychiatrique de Gaustad, en Norvège, un patient est retrouvé, mort étranglé. D’après les dires des premiers témoins il se serait lui-même donné la mort. L’inspectrice Sarah Geringen est dépêchée sur place. La diversion lui va bien, son mari vient de la quitter et elle ne sait pas où aller.

Dès les premiers instants elle sent qu’il se passe de drôles de choses dans cet hôpital. Le corps a été déplacé, le directeur semble vouloir classer l’affaire au plus vite, les témoins se contredisent et le patient a le chiffre 488 tatoué sur le front.

Sarah se retrouve alors embarquer dans une enquête qui va la mener à travers le globe, de Oslo à Paris, en passant par l’ile de l’Ascension et le Nevada. Elle va se donner corps et âme pour venir à bout de ce mystère et va rencontrer sur sa route un charmant journaliste français dont le frère décédé est mêlé à l’affaire.

Nicolas Beuglet nous alpague de suite. Il pose le paysage et l’ambiance avec une efficacité folle. Le personnage de l’inspectrice avec ses failles et ses doutes nous est immédiatement attachant. Il sait y faire pour décrire l’atmosphère glauque et oppressante de l’hôpital psychiatrique.

L’intrigue est complexe, mais le lecteur n’est jamais perdu. Intrigue qui n’est pas seulement policière car l’auteur nous entraine dans une histoire ayant trait à des recherches scientifiques et à la religion. Si un quart de ce que l’auteur raconte est vrai, ça fait froid dans le dos!

Le rythme est intense, vous ne pourrez pas lâcher ce roman avant de l’avoir fini.

Du suspense, une histoire incroyable, des personnages intéressants et inquiétants, « Le cri » et LE thriller à lire pour les amateurs du genre.

XO Édition

« No home » de Yaa Gyasi

"No home" de Yaa Gyasi. Chroniques de livres et conseils de lecture par MLBA.

« No home » de Yaa Gyasi. Chroniques de livres et conseils de lecture par MLBA.

Vous aviez aimé « Racines » de Alex Haley?
Vous espérez vous coucher moins bête ce soir?
Voici ma potion:

Au XVIIIème siècle au Ghana (anciennement la Côte de l’Or), deux filles naissent de la même mère mais dans deux villages différents, des villages rivaux, les Ashanti et les Fanti.

Alors qu’Effia, surnommée « la Beauté » est repérée par le nouveau gouverneur britannique en place et devient pour quelques sous sa « femme africaine », Esi est enlevée et emmenée au fort (dirigé par ce fameux gouverneur) où sont entassés les futurs esclaves en attente de partir pour le nouveau continent.

Chapitre après chapitre le lecteur va suivre la destinée des deux soeurs et de leurs descendants.

Ceux qui auront atterris en Amérique vont connaitre les affres de l’esclavagisme, dans les champs de coton et autres mines de charbon. Ils vont surtout connaitre la ségrégation, le racisme et la violence faite aux Noirs, à toutes les époques.

Les descendants de Effia, restés sur le continent africain auront aussi à faire face à de terribles bouleversements. Ils devront continuer pendant longtemps la pratique du commerce triangulaire initié avec les Anglais, continuer à profiter des guerres entre village pour enlever leurs rivaux et les revendre. Malgré l’éducation et l’aisance qu’ils pourront acquérir, ce lourd passé sera dur à porter et la fuite vers les Etats-Unis sera le seul moyen de se libérer.

Sur trois siècles Yaa Gyasi nous raconte l’histoire de cette famille noire, tiraillée par les guerres, par l’esclavagisme, et surtout par la cruauté de l’homme blanc. Elle parsème son récit de détails sur les coutumes africaines, sur la vie des esclaves dans les mines de charbon, sur l’arrivée de la drogue à Harlem dans les années 60. Chaque époque est très bien documentée et on y apprend beaucoup de choses.

Magnifiquement écrit, le lecteur suit avec plaisir et intérêt ces destinées. A travers une pléiade de personnages on voit et comprend l’évolution de la société. Chaque chapitre alterne d’un continent à un autre sans jamais que l’on soit perdu.

C’est un roman sur la condition des Noirs à travers les siècles mais aussi sur la condition de la femme noire, qui doit se montrer forte et vaillante pour porter la famille.

C’est tout simplement un livre sur la liberté.

Edition Calmann-Levy.

 

« Continuer » de Laurent Mauvignier

"Continuer" de Laurent Mauvignier. Chroniques de livres et conseils de lecture par MLBA.

« Continuer » de Laurent Mauvignier. Chroniques de livres et conseils de lecture par MLBA.

Envie de dépaysement?
Vous aimez les romans qui vous retournent et vous émeuvent?
Voici ma potion:

Sibylle, la quarantaine, est fraichement divorcée. Suite à cette séparation difficile, elle a décidé de partir s’installer à Bordeaux avec son fils, Samuel. Un peu désabusée et en désespérance, elle se laisse vivre.

Lui est un adolescent compliqué. Non seulement la rupture de ses parents est mal digérée mais de mauvaises fréquentations l’entraînent à faire des choses irréparables, à la limite de la délinquance. Samuel est une boule d’agressivité, en perpétuelle opposition à sa mère.

Pour Sibylle, la solution pour les sauver, elle et son fils, c’est de partir au Kirghizstan, le pays des chevaux. Ils sont tous deux passionnés par les équidés depuis toujours et elle pense que ce voyage va réussir à remettre son fils dans le droit chemin, du moins lui faire réaliser les choses importantes.

Sibylle, pour une fois, est déterminée. Les voilà partis, chevauchant les plaines de ce pays méconnu.

Des rencontres, des évènements vont évidemment bouleverser leur vie.

Le récit de ce périple est entrecoupé des souvenirs de Sibylle. On y apprend le pourquoi de sa séparation d’avec le père de Samuel et surtout une grosse blessure de jeunesse qui a marqué sa vie et influencé son caractère.

Laurent Mauvignier nous offre un magnifique roman sur la relation mère/fils, sur la volonté d’une mère qui décide de tout quitter pour son fils qui part à la dérive. C’est aussi l’histoire d’une femme, à l’avenir prometteur, qui voit sa vie détruite par un drame et qui réalise que c’est aussi elle-même qu’elle doit sauver en sauvant son fils.

Une prose superbe, des descriptions de paysages splendides, des scènes fortes et une émotion qui affleure pendant tout le roman.

Une des pépites de cette rentrée littéraire.

Édition Minuit

« Repose toi sur moi » de Serge Joncour

"Repose toi sur moi" de Serge Joncour. Chroniques de livres et conseils de lecture par MLBA.

« Repose toi sur moi » de Serge Joncour. Chroniques de livres et conseils de lecture par MLBA.

Vous aimez les histoires d’amour?
Envie d’un roman qui vous émeuve?
Voici ma potion:

Aurore Dessage est styliste. Mère de deux enfants, elle est débordée. Entre la boîte qu’elle a monté avec un ami, qui commence à bien décoller mais qu’elle ne contrôle plus vraiment et la vie de famille, elle est mariée à un businessman très efficace, tout est difficile pour Aurore. D’autant plus qu’un couple de corbeaux a élu domicile dans la cour de son immeuble et qu’elle déteste ça.

De l’autre côté de la cour vit Ludovic, un ancien agriculteur. A la mort de son père il n’a pas voulu reprendre la ferme et à laisser sa sœur et son beau-frère s’en occuper. Il est monté à Paris et travaille dans un cabinet de recouvrement. Avec sa stature de joueur de rugby c’est lui qu’on envoie pour récupérer les dettes.

Aurore et Ludovic, qui ne se serait jamais rencontré normalement vont, par le biais des corbeaux, se connaître. Aurore va trouver en Ludovic cette épaule sûre sur laquelle s’appuyer et Ludovic se sentir utile.

Serge Joncour nous propose ces deux beaux personnages que tout oppose, l’origine, le statut social, mais qui vont petit à petit tomber amoureux l’un de l’autre.

En toile de fond Serge Joncour met aussi en opposition les ruraux et les citadins. Au début Aurore trouve même Ludovic un peu « plouc ».

Alors est-ce que des personnes aussi opposées peuvent se faire du bien, s’aimer ou bien vont-elles se faire du mal?

On sent que l’auteur aime ses personnages, ils prennent véritablement corps dans le roman. Le personnage de Ludovic est particulièrement bien réussi. Une montagne de muscle qui est en fait terriblement fragile et émouvant.

Un roman d’amour mais pas que!

Édition Flammarion.