« Mon midi, mon minuit » de Anna McPartlin

"Mon midi mon minuit" de Anna McPartlin. Chroniques de livres et conseils de lecture par MLBA.

« Mon midi mon minuit » de Anna McPartlin. Chroniques de livres et conseils de lecture par MLBA.

Envie d’une histoire qui vous remue les tripes?
Vous aimez les romans sur l’amitié?
Voici ma potion:

Emma a tout pour être heureuse, un amoureux depuis le lycée, John, une famille aimante, ouverte d’esprit, un super boulot,et une bande d’amis « à la vie à la mort ». Il y a Sean le meilleur ami de John, Clodagh, celle d’Emma, et le couple Anne et Richard.

Mais un soir de fiesta,alors qu’ils rentraient chez eux John est renversé par une voiture, il meurt. Leur petit monde s’effondre tout à coup. Comment remonter la pente après ce drame? D’autant que chacun à sa façon doit faire son deuil.

Emma peut compter sur ses amis qui vont l’épauler du mieux qu’ils peuvent et surtout sur Sean, qui a bien du mal aussi à se remettre de la mort de son ami.

Le livre est écrit à la première personne, c’est Emma qui nous raconte son histoire. On est complètement en empathie avec elle, avec ce qui lui arrive. Elle ne sait pas comment continuer sa vie, sourire, aimer sans avoir l’impression de le trahir. Elle se sent coupable d’avoir envie de « passer à autre chose’.

Anna McPartlin a une très jolie plume. Elle écrit de manière très simple les évènements de la vie. On rit beaucoup de ce qui arrive à cette bande d’amis et on pleure aussi beaucoup. Ses personnages vivent des choses que n’importe qui peut vivre tous les jours.

Tout un panel d’émotion peut vous atteindre en lisant ce roman.

« Mon midi mon minuit’ n’est pas qu’un livre sur le deuil ou la capacité de reprendre gout à la vie. C’est aussi un magnifique livre sur l’amitié et un bon roman d’amour.

Édition Cherche Midi

 

« Mör » de Johana Gustawsson

"Mör"de Johana Gustawsson. Chroniques de livres et conseils de lecture par MLBA.

« Mör »de Johana Gustawsson. Chroniques de livres et conseils de lecture par MLBA.

Vous aimez les polars scandinaves?
Vous aimez particulièrement Camilla Lackberg?
Voici ma potion:

A Falkenberg, en Suède, un corps de femme atrocement mutilé est découvert sur les rives d’un lac.

Le lendemain à Londres, une célèbre actrice est enlevée devant chez elle, sa paire de chaussures abandonnée dans un sac congélation. La profileuse Emily Roy est appelée pour démêler tout ça.

Il s’avère que ces deux affaires portent la marque d’un tueur en série, Richard Hemfield, interné en hôpital psychiatrique depuis dix ans. Il enlevait des femmes, qu’il gardait séquestrées quelques jours, puis il les étranglait et les dépeçait. A chaque enlèvement il laissait les chaussures des victimes. S’agit-il d’un copycat? « le tueur de Tower Hamlets » avait-il un complice? Est-il innocent?

Emily Roy, aidée de Alexis Castells, l’écrivain qui avait mené l’enquête à l’époque, ainsi que de la brigade de Falkenberg, va essayer de mener à bien cette histoire qui remue le passé.

Deuxième roman de Johana Gustawsson, après le très remarqué « Block 46 », « Mör » est particulièrement efficace. L’auteur alterne les chapitres « d’aujourd’hui », avec des flashbacks qui racontent l’histoire du tueur. Le lecteur apprend au fur et à mesure ce qui a entrainé cette folie furieuse, l’assassin ne se contentant pas de les tuer et les dépecer, il les mange aussi.

Tous les personnages sont intéressants, approfondis, cela favorise l’intensité de l’histoire. L’auteur crée une véritable atmosphère oppressante, malgré les changements de décor, l’histoire oscillant entre Suède et Angleterre.

Johana Gustawsson sait vraiment y faire pour nous amener à tourner les pages jusqu’au dénouement final, forcément inattendu.

Vivement le troisième!

Édition Bragelonne

« Le cri »de Nicolas Beuglet

"le cri" de Nicolas Beuglet

« le cri » de Nicolas Beuglet. Chroniques de livres et conseils de lecture par MLBA.

Envie d’un thriller efficace?
Vous aimez les histoires de conspiration?
Voici ma potion

A l’hôpital psychiatrique de Gaustad, en Norvège, un patient est retrouvé, mort étranglé. D’après les dires des premiers témoins il se serait lui-même donné la mort. L’inspectrice Sarah Geringen est dépêchée sur place. La diversion lui va bien, son mari vient de la quitter et elle ne sait pas où aller.

Dès les premiers instants elle sent qu’il se passe de drôles de choses dans cet hôpital. Le corps a été déplacé, le directeur semble vouloir classer l’affaire au plus vite, les témoins se contredisent et le patient a le chiffre 488 tatoué sur le front.

Sarah se retrouve alors embarquer dans une enquête qui va la mener à travers le globe, de Oslo à Paris, en passant par l’ile de l’Ascension et le Nevada. Elle va se donner corps et âme pour venir à bout de ce mystère et va rencontrer sur sa route un charmant journaliste français dont le frère décédé est mêlé à l’affaire.

Nicolas Beuglet nous alpague de suite. Il pose le paysage et l’ambiance avec une efficacité folle. Le personnage de l’inspectrice avec ses failles et ses doutes nous est immédiatement attachant. Il sait y faire pour décrire l’atmosphère glauque et oppressante de l’hôpital psychiatrique.

L’intrigue est complexe, mais le lecteur n’est jamais perdu. Intrigue qui n’est pas seulement policière car l’auteur nous entraine dans une histoire ayant trait à des recherches scientifiques et à la religion. Si un quart de ce que l’auteur raconte est vrai, ça fait froid dans le dos!

Le rythme est intense, vous ne pourrez pas lâcher ce roman avant de l’avoir fini.

Du suspense, une histoire incroyable, des personnages intéressants et inquiétants, « Le cri » et LE thriller à lire pour les amateurs du genre.

XO Édition

« Par amour » de Valérie Tong Cuong

"Par amour"de Valérie Tong Cuong. Chroniques de livres et conseils de lecture par MLBA.

« Par amour »de Valérie Tong Cuong. Chroniques de livres et conseils de lecture par MLBA.

Vous avez envie d’émotion?
Vous aimez être transporté par des personnages?
Voici ma potion:

L’histoire débute en juin 1940 au Havre. Emélie, concierge d’école vit avec ses deux enfants Lucie et Jean. Son mari, Joffre a été mobilisé. C’est aussi le cas du mari de Muguette, sa soeur, qui vit avec son fils Joseph et sa fille Marline qui n’a pas dit un mot depuis le début de la guerre.

Le Havre est non seulement occupée par les Allemands, mais aussi bombardée sans relâche par les Anglais, détruisant à peu près tout.

Certains enfants vont être évacués vers l’Algérie dont ceux de Muguette. La ville aussi sera évacuée à plusieurs reprises. C’est une vie sous les bombardements et avec les privations qui commence pour les deux familles. Muguette devra partir au sanatorium, ayant contracté la tuberculose suite à la mauvaise alimentation et aux mauvaises conditions de vie.

« Par amour » est un magnifique roman choral, comme c’est si bien le faire Valérie Tong Cuong. Elle nous raconte une petite histoire dans la grande. Cette narration a plusieurs voix (chaque chapitre prend le point de vue d’un personnage différent) donne encore plus de profondeur au propos. Le lecteur est pris dans les événements. On sent d’ailleurs un travail de documentation excessivement bien mené.

Valérie Tong Cuong sait créer des personnages d’une réelle épaisseur et véracité. Elle arrive à nous les rendre proche et surtout à ce que l’on soit en totale empathie avec eux.

L’histoire est bouleversante. Soyez prêts à verser une petite larme.

Que serait-on prêt à faire par amour? Vous avez un début de réponse dans ce superbe roman.

Éditions Lattes

« No home » de Yaa Gyasi

"No home" de Yaa Gyasi. Chroniques de livres et conseils de lecture par MLBA.

« No home » de Yaa Gyasi. Chroniques de livres et conseils de lecture par MLBA.

Vous aviez aimé « Racines » de Alex Haley?
Vous espérez vous coucher moins bête ce soir?
Voici ma potion:

Au XVIIIème siècle au Ghana (anciennement la Côte de l’Or), deux filles naissent de la même mère mais dans deux villages différents, des villages rivaux, les Ashanti et les Fanti.

Alors qu’Effia, surnommée « la Beauté » est repérée par le nouveau gouverneur britannique en place et devient pour quelques sous sa « femme africaine », Esi est enlevée et emmenée au fort (dirigé par ce fameux gouverneur) où sont entassés les futurs esclaves en attente de partir pour le nouveau continent.

Chapitre après chapitre le lecteur va suivre la destinée des deux soeurs et de leurs descendants.

Ceux qui auront atterris en Amérique vont connaitre les affres de l’esclavagisme, dans les champs de coton et autres mines de charbon. Ils vont surtout connaitre la ségrégation, le racisme et la violence faite aux Noirs, à toutes les époques.

Les descendants de Effia, restés sur le continent africain auront aussi à faire face à de terribles bouleversements. Ils devront continuer pendant longtemps la pratique du commerce triangulaire initié avec les Anglais, continuer à profiter des guerres entre village pour enlever leurs rivaux et les revendre. Malgré l’éducation et l’aisance qu’ils pourront acquérir, ce lourd passé sera dur à porter et la fuite vers les Etats-Unis sera le seul moyen de se libérer.

Sur trois siècles Yaa Gyasi nous raconte l’histoire de cette famille noire, tiraillée par les guerres, par l’esclavagisme, et surtout par la cruauté de l’homme blanc. Elle parsème son récit de détails sur les coutumes africaines, sur la vie des esclaves dans les mines de charbon, sur l’arrivée de la drogue à Harlem dans les années 60. Chaque époque est très bien documentée et on y apprend beaucoup de choses.

Magnifiquement écrit, le lecteur suit avec plaisir et intérêt ces destinées. A travers une pléiade de personnages on voit et comprend l’évolution de la société. Chaque chapitre alterne d’un continent à un autre sans jamais que l’on soit perdu.

C’est un roman sur la condition des Noirs à travers les siècles mais aussi sur la condition de la femme noire, qui doit se montrer forte et vaillante pour porter la famille.

C’est tout simplement un livre sur la liberté.

Edition Calmann-Levy.