« Le dernier des nôtres » de Adélaïde de Clermont-Tonnerre

"Le dernier des nôtres" de Adélaïde de Clermont-Tonnerre.Chroniques de livres et conseils de lecture par MLBA.

« Le dernier des nôtres » de Adélaïde de Clermont-Tonnerre.Chroniques de livres et conseils de lecture par MLBA.

Vous aimez les grandes sagas?
Vous avez envie de vous laisser transporter?
Voici ma potion:

Werner Zilch est un jeune homme plein d’ambition et très prometteur. Avec son ami et associé Marcus ils ont monté une entreprise et rêvent de conquérir New-York et de créer les gratte-ciels les plus beaux.
Werner a été adopté, un message était noté dans ses habits « Il s’appelle Werner. Werner Zilch. Ne changez pas son nom. Il est le dernier des nôtres ».Il ne sait rien de ses origines ce qui n’entrave en rien son énergie.

Un jour, il croise la route de Rebecca, héritière d’une des plus grosses fortunes de New-York, une artiste, amie entre autres d’Andy Warhol. C’est le coup de foudre. Mais la conquête de cette femme ne sera pas aisée. D’autant plus qu’un lourd secret risquant empêcher leur histoire va être révélé.

A chaque chapitre le lecteur fait des aller-retours dans le temps, ceux de 1970 où se passe l’action principale et ceux de 1945 en Allemagne qui nous apprennent petit à petit d’où vient Werner.

Entre histoire d’amour impossible et tragédie contemporaine, « Le dernier des nôtres » contient tous les ressorts d’un grand roman.

Des personnages forts et intéressants, une histoire qui sans parler de l’histoire d’amour, tient en haleine. On veut savoir d’où vient Werner et quel est ce secret qui entoure sa naissance. Et puis il y a tout le côté historique bien documenté et passionnant, l’Allemagne de 1945 avec la fuite des nazis et l’Amérique de 1970 où tout était de nouveau possible.

Un des très bons romans de cette rentrée!

Édition Grasset

 

« Le huitième livre de Vésale » de Jordi Llobregat

"Le huitième livre de Vésale" de Jordi Llobregat. Chroniques de livres et conseils de lecture par MLBA.

« Le huitième livre de Vésale » de Jordi Llobregat. Chroniques de livres et conseils de lecture par MLBA.

Vous avez envie d’intrigue et d’aventure?
Vous aimez Carlos Ruiz Zafon?
Voici ma potion:

1888, quelques jours avant l’ouverture de l’exposition universelle de Barcelone, Daniel Amat revient dans sa ville natale. Exilé depuis 7 ans à Oxford où il entamait une carrière de professeur, un télégramme lui annonce le décès de son père. Celui-ci est mort dans des circonstances troubles, certains prétendent même qu’il aurait mis fin à ses jours.

Daniel, suite à l’enterrement, apprend des choses étonnantes sur son père. Médecin réputé, il avait tout mis de côté pour s’occuper des plus pauvres. Daniel est contacté par un journaliste, Fleixa, qui lui apprend que son père et lui enquêtaient sur les morts atroces de plusieurs jeunes filles. Décès qui sont passés sous silence par les autorités.

Malgré l’envie de fuir cette ville et tous les vieux souvenirs qui lui reviennent en tête, il décide de chercher à comprendre comment et pourquoi est mort son père. Il doit pour cela retrouver le huitième livre de Vésale.

Commence alors une enquête haletante.

Jordi Llobregat signe là son premier roman et montre déjà de grands talents de narrateur et d’écrivain. Cette histoire foisonne de personnages, de lieux, d’énigmes. Le lecteur est happé par le récit où la ville de Barcelone est un des personnages principaux, avec ses longs canaux qui passent sous terre, et ses habitants souterrains. Il y est sujet d’innovations en terme de médecine mais aussi de science.

« Le huitième livre de Vésale » recèle tous les ingrédients d’un best-seller à la Dan Brown. De l’aventure, des frissons, de l’humour et de l’amour.

Édition Cherche Midi

« La part des flammes » de Gaëlle Nohant

"La part des flammes" de Gaëlle Nohant. Chroniques de livres et conseils de lecture par MLBA.

« La part des flammes » de Gaëlle Nohant. Chroniques de livres et conseils de lecture par MLBA.

Envie de romanesque?
Vous aimez les destins de femme?
Voici ma potion:

En 1897, le tout Paris se rassemble à la grande vente de charité qui a lieu rue de Goujon. Au stand n°4 on trouve un trio de femmes dont le destin sera fixé lors de l’incendie qui va tout ravager.

La duchesse d’Alençon, femme charismatique s’il en est, est totalement dévouée aux miséreux et aux malades tuberculeux. Elle passe son temps à aider ceux qui en ont besoin.

Elle prend sous son aile la comtesse Violaine de Raezal. Celle-ci veuve depuis peu, a, malgré elle, une réputation sulfureuse. N’avait-elle pas épousé le comte de Raezal plus âgé qu’elle et déjà père de deux enfants de son âge? Violaine depuis la mort de son mari a du mal à se faire accepter par la bonne société parisienne.

La duchesse prend aussi à son stand la jeune Constance d’Estingel. Une jeune fille de bonne famille qui vient de rompre ses fiançailles, au grand désespoir de sa mère, tiraillée entre son amour et sa foi.

Le terrible incendie du Bazar de la Charité va transformer la vie de ses femmes.

Gaëlle Nohant nous offre trois portraits de femmes terriblement actuelles. Des femmes pris par le carcan de leur époque mais qui aspirent à des changements et surtout à la liberté de choix.

L’auteur dépeint à merveille la société de la fin du 19ème siècle. Véritable fresque des mœurs et idées de l’époque.

C’est un roman historique, à la facture classique mais tellement moderne.

Il ne se lit pas, il se dévore.

Édition Livre de Poche

« Les jonquilles de Green Park » de Jérôme Attal

"Les jonquilles de Green Park" de Jérôme Attal. Chroniques de livres et conseils de lecture par MLBA.

« Les jonquilles de Green Park » de Jérôme Attal. Chroniques de livres et conseils de lecture par MLBA.

Vous avez envie de passer un bon moment?
Vous avez envie d’un peu de douceur dans ce monde de brutes?
Voici ma potion:

Tommy, 13 ans, vit avec ses parents et sa grande sœur Jenny. Nous sommes en 1940 à Londres, à l’approche de Noël. Les allemands ont commencé les bombardements stratégiques et il faut régulièrement que toute la famille se mette à l’abri dans les sous-sols prévus à cet effet.

Le père, inventeur, reste à la maison en attendant de trouver « la » bonne idée. Il est sur un projet de tatou géant qui permettrait de sauver tous les enfants de Londres. La mère travaille à l’usine afin de subvenir aux besoins de la famille. La grande sœur, fan de Clark Gable, veut rejoindre le corps des jeunes filles volontaires du Saint Thomas’ Hospital.

Tommy est un rêveur. Il veut devenir écrivain et se sert souvent de son quotidien pour alimenter ses histoires. Ses copains et lui sont fans de super-héros et de cinéma. Ils s’imaginent constamment à la place de leurs personnages préférés.

Et il y a aussi Mila dont il est secrètement amoureux.

Jérôme Attal propose au lecteur une sorte de conte d’apprentissage. Un récit sur l’adolescence avec tous les tourments que cela peut comporter mais en temps de guerre, ce qui donne une dimension différente à tout le récit. Même si le malheur plane les adolescents restent des ados, mais avec un rapport direct avec la mort.

La langue de l’auteur est très belle, très poétique, on se régale à chaque tournure de phrase.

« Moi, Tommy Bradford, je me battrai dans ce monde pour une raison toute simple : pouvoir continuer à marcher dans les rues en pensant au mystère agréable qu’est le sourire de Mila »

« Le métier d’inventeur de mon père, je pense que c’est comme un pari sur l’avenir. Qu’un jour, il trouvera l’invention qui changera la manière qu’on a de voir ou de vivre les choses »

On sent une tendresse très forte pour ses personnages. Ce Tommy est un sacré loustic mais il est tellement attachant qu’on le suit jusqu’au bout avec plaisir.

Ce roman vous touchera en plein cœur, c’est certain.

Édition Robert Laffont

« La blancheur qu’on croyait éternelle » de Virginie Carton

"La blancheur qu'on croyait éternelle" de Virginie Carton. Chroniques de livres et conseils de lecture par MLBA.

« La blancheur qu’on croyait éternelle » de Virginie Carton. Chroniques de livres et conseils de lecture par MLBA.

Vous êtes un peu fleur bleue?
Envie de lire une belle histoire?
Voici ma potion:

Lucien et Mathilde habitent le même immeuble mais ils ne se sont jamais croisés, ou du moins jamais « vus ». Tous deux la trentaine bien tassée, ils végètent dans leur célibat en ne sachant pas bien comment s’en sortir.

Lucien est pédiatre, fan inconditionnel de Trintignant et surtout du film « Un homme et une femme », il a loué une mustang pour aller à Deauville en pèlerinage. Un peu vieux jeu, déconnecté de son époque il a du mal à rencontrer quelqu’un.

Mathilde, malgré ses hautes études à HEC, travaille dans une chocolaterie et ça lui convient bien. Elle, elle est fan de Romy Schneider, se fait la même couleur de cheveux et se sent terriblement touchée par la vie tragique de l’actrice.

Ce sont deux solitudes, deux cœurs esseulés que le destin va se charger de réunir.

Dès le début le lecteur sait que ces deux là vont se rencontrer mais le talent d’écriture de Virginie Carton fait que nous ne sommes pas pressés que ça arrive.

Son style est simple, sans fioriture, il va droit au but. Il est empreint de délicatesse, on sent que l’auteure a beaucoup de tendresse pour ses personnages. Ils sont tous les deux dans leur bulle de nostalgie, n’arrivent pas à assumer ce qu’ils sont au fond, ont du mal à communiquer avec les autres.

Virginie Carton met en avant deux héros ordinaires, pudiques et sensibles.

« La blancheur qu’on croyait éternelle » est un roman mélancoliquement drôle ou drôlement mélancolique.

Pour tous les amoureux des belles histoires.

Édition Livre de poche